Le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Grenoble regroupe plusieurs hôpitaux et est l'une des premières entreprises de la région en termes d'effectifs. Il emploie en effet plus de 7.300 agents dont les fonctions s'étendent au-delà de cent corps de métiers. Outre un service de santé public ouvert 24 heures sur 24 pour assurer aux patients l'accès au diagnostic, aux soins et aux urgences, il offre des enseignements et des formations médicales, paramédicales et pharmaceutiques et est aussi impliqué dans la recherche pour ces domaines.
Le département de pédiatrie au CHU exerce des activités de proximité centrées sur les urgences médicales pédiatriques et des activités de recours centrées sur les spécialités pédiatriques. Parmi celles-ci, l'unité de cardiopédiatrie joue un rôle important. " Sachant que huit enfants sur mille naissent avec une malformation cardiaque, un diagnostic rapide et précis est essentiel pour optimiser la prise en charge de ces patients," précise le docteur Gérard BLAYSAT, cardiopédiatre au CHU de Grenoble. " Chaque année, une centaine d'enfants seront opérés, une décision difficile à prendre et pour laquelle plusieurs opinions professionnelles sont souvent requises. "
Bien que les consultations entre experts soient une pratique courante, en 1998 les communications et l'échange de documents sont limités et les cardiopédiatres ont recours au téléphone ou au Téléfax et font circuler les dossiers par voie postale. Les nouveau-nés sont parfois transférés, souvent dans des conditions difficiles, afin de confirmer ou d'infirmer le diagnostic d'une cardiopathie congénitale. De tels transferts représentent un risque non négligeable pour plusieurs d'entre eux.
En 1999, désireux de mettre en commun leurs expertises pour améliorer la précision du diagnostic, les CHU de Grenoble et de Québec conçoivent l'adoption de la téléprésence pour la transmission en temps réel de l'échocardiographie et l'évaluation de la condition cardiaque de l'enfant. Bien que les pratiques médicales varient d'un pays à l'autre, une approche collégiale entre experts qui partagent leurs avancées permet d'aboutir à des décisions très concrètes.
Le projet est le résultat d'une initiative par le Dr Anne-Marie Rossignol qui souhaitait maintenir des contacts réguliers avec ses homologues au Canada ou elle travailla pendant plusieurs années. L'objectif était de partager les développements en cours et de consulter les expertises diverses concernant des cas difficiles pour lesquels plusieurs opinions sont requises. Un réseau de téléprésence pour la cardiologie pédiatrique permettrait donc la transmission de documents statiques et dynamiques et l'évaluation de la condition entre plusieurs experts à des milliers de kilomètres de distance.
À une époque ou peu d'hôpitaux en France sont équipés de systèmes de visioconférence haut débit, le projet de collaboration franco-québécoise se matérialise en 1999 par un système de téléprésence reliant les deux pays.
|